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La Voie

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« Il y a des choses que l’intelligence seule est capable de chercher, mais que, par elle-meme, elle ne trouvera jamais. »
Henri Bergson

« Celui qui sait ne parle pas.  Celui qui parle ne sait pas. »
Lao Tseu

 Les différents dictionnaires que nous avons consultés donnent de l’intelligence des définitions tres proches. Pourtant les scientifiques avouent de façon claire leur ignorance du contenu exact de l’intelligence.
Nous devons au psychologue Alfred BINET la mesure du Quotient Intellectuel (QI) grâce a un test connu sous le nom de BINET-SIMON. Depuis sa création en 1905, ce test a été amélioré, d’autres ont vu le jour, cependant on ne sait toujours pas ce qu’il mesure : quelques habiletés intellectuelles, une certaine capacité d’apprendre, certes, mais il ne renseigne pas sur la motivation, la créativité, l’ouverture d’esprit, l’intuition. De plus, des études montrent des tares récurrentes chez les gros QI : en particulier une certaine rigidité et un cruel manque de créativité. Toutefois, tous ces tests concordent relativement bien avec le niveau scolaire ou universitaire meme si quelques exceptions sont troublantes. On reste toutefois dubitatif devant les erreurs grossieres que commettent parfois des gens dont le QI est largement au-dessus de la moyenne. On constate ainsi chez des énarques (anciens éleves de l’ENA) ou des X (anciens éleves de Polytechnique), pour ne citer que les écoles françaises les plus prestigieuses (ou on peut imaginer un QI moyen plutôt élevé), des pans entiers de la psyché ou la réflexion est absente, le comportement dogmatique, pas seulement dans le domaine religieux, royaume du dogme intangible, mais aussi en politique, économie, sciences, etc.
Nous avions postulé, il y a quelques années, une distinction entre facultés intellectuelles, approximativement mesurées par le

QI, et intelligence, capacité a gérer harmonieusement l’ensemble des facultés. Autrement dit, il aurait existé une super faculté intellectuelle directrice. Comment l’évaluer ?

Toutes les activités humaines librement choisies ont un but : vivre le mieux possible, le nec plus ultra étant de nager dans le bonheur. Ainsi, nous optons pour tel métier, ou tel emploi, plutôt que tel autre, car nous l’estimons plus conforme a nos perspectives d’avenir ; nous jetons notre dévolu sur une femme plutôt qu’une autre car nous croyons qu’elle est celle qui nous rendra le plus heureux ; nous choisissons, pour nos vacances, les lieux et les activités susceptibles de combler au mieux nos attentes. Dans tous les cas l’objectif est fondamentalement le meme malgré des vocables différents : s’éclater, s’épanouir, se sentir bien, réussir, etre heureux… Malheureusement, si le concept de bonheur est difficile a cerner, les moyens pour y parvenir semblent encore plus difficiles a mettre en ouvre. Ainsi voit-on régulierement des personnes aux facultés intellectuelles reconnues prendre des décisions contraires a leur épanouissement. N’est-on pas étonné lorsqu’un ami qui vient de divorcer reproduit a l’identique avec son nouveau conjoint les erreurs l’ayant conduit a la rupture ? Ou un cadre en lutte pour un pouvoir dans l’entreprise sacrifier sa vie familiale ? Ou quelqu’un s’endetter au-dela du raisonnable par désir de briller ? De plus, les gens heureux ne se recrutent pas uniquement chez les gros QI, loin de la, ce qui implique que les capacités intellectuelles mesurées par les tests sont insuffisantes pour expliquer l’intelligence, que ceux qui parviennent au bonheur disposent de quelque chose de plus. Est donc intelligent celui qui est heureux ; peu importe que l’on soit berger ou ingénieur, le QI n’a pas d’influence. L’intelligence est donc une qualité qui coiffe, dirige et harmonise toutes les capacités intellectuelles. Elle permet a l’individu de ne jamais entreprendre une action opposée a ses intérets profonds.
Hypothese cependant inexploitable car, d’une part, nul n’a jamais pu mettre en évidence cette structure de l’intelligence et, d’autre part, rares sont les personnes capables de juger du bonheur d’autrui hormis les sages dont la lucidité peut percer les façades les plus solides. En effet, paraître heureux, c’est montrer la pertinence des choix de vie que l’on a effectués, c’est, in fine, afficher des moyens intellectuels supérieurs. Donc toute personne qui se soucie de son image va tout mettre en ouvre pour prouver son bonheur. Avec d’autant plus d’acharnement qu’elle a quelque chose a camoufler. Le commun des mortels s’y laisse prendre qui amalgame bonheur, plaisir, confort, richesse, célébrité, etc.
Il nous faut donc reprendre le raisonnement en ses prémices. Revenons a nos énarques et nos X. Ce sont finalement des gens comme les autres mais avec un QI toujours dans la moyenne supérieure et une grande puissance de travail. Il est admis, aujourd’hui, que nous sommes tous conditionnés ; par la publicité et les différents médias, c’est un truisme, mais aussi par notre culture, nos origines, nos attaches politiques, notre famille, notre religion, nos loisirs, notre milieu professionnel, etc. Les conditionnements se traduisent par des comportements, des raisonnements et des actes stéréotypés, prévisibles ; les perceptions, sous influence, sont altérées et, en conséquence, les décisions trop souvent inappropriées.
Comment naissent donc ces conditionnements ? Une situation nous amene a réagir d’une certaine façon. Si nous réutilisons cette réponse a l’identique dans tous les cas semblables au motif que la premiere fois nous a donné satisfaction, nous ne serons plus tout a fait en phase avec la situation réelle car elle sera a coup sur légerement différente des occurrences antérieures ; la vie n’est pas un laboratoire. On peut donc se conditionner tout seul, par économie, en ne se donnant pas la peine d’examiner correctement chaque événement. Pire, le milieu dans lequel nous sommes immergés nous enseigne le « bon » comportement ou la « bonne » pensée face a une situation donnée. Ce conformisme plus ou moins imposé est rarement confronté a l’analyse critique : « On ne peut pas tout remettre en question ! » répliquait un ami, il y a quelques décennies, pour justifier ce comportement moutonnier. C’est ainsi que nous suivons presque aveuglément, et en dépit de nos dénégations, la publicité, la propagande, nos coutumes, nos habitudes ou nos gourous mais aussi, c’est encore plus grave car nous lui faisons une confiance absolue, l’enseignement que nous avons reçu, a l’école ou dans l’entreprise, nonobstant ses approximations, erreurs et autres pseudo-vérités. Nous avons tous vu, au cinéma, le gag de la B.A. répétée qui impose a un aveugle de traverser plusieurs fois la meme rue. Cette caricature n’est pas si éloignée de la réalité. L’aveuglement n’est pas le propre des aveugles.
Ces défauts de réflexion ou ces troubles perceptifs, habituels chez l’individu lambda, semblent incongrus chez un énarque ou un X ; on leur attribue une telle puissance intellectuelle qu’on est choqué de les voir subir les memes conditionnements que le commun des mortels. Notons que  conditionnement ,  a priori ,  idée préconçue  sont ici synonymes.

En fin de compte, le QI constitue une approche, certes tres approximative mais acceptable, pour jauger l’intelligence. Dans notre précédente théorie, une super capacité venaient s’y ajouter. Pour expliquer les aberrations comportementales de nos élites (car nous les avons citées en exemple, mais l’explication vaut pour tous), nous émettons l’idée que les conditionnements occultent une partie des facultés intellectuelles mesurées par les tests. En effet, comment pourrait-on prendre les bonnes décisions quand le prisme déformant des conditionnements perturbe nos perceptions, que nos facultés sont anesthésiées par des comportements rigides, doctrinaires. Celles-ci ne pourront s’exprimer pleinement qu’en éradiquant toute forme de conditionnement. Est donc tres intelligent celui qui dispose de larges capacités intellectuelles (gros QI) et n’est pas ou peu conditionné. Ainsi un THQI (tres haut QI), comme ils aiment a se nommer, fortement conditionné peut se comporter comme un niais. A l’inverse l’individu lambda libéré de ses conditionnements peut faire preuve d’une intelligence supérieure.

 

Notre expérience a largement confirmé la pertinence de cette théorie. La manifestation des conditionnements étant éminemment variable en fonction des circonstances, il est ainsi facile de comprendre pourquoi certains esprits supérieurs sont parfois la proie de comportements aberrants. 

De nombreux chemins menent au sommet de la montagne. » Encore faut-il ne pas s’engager dans un cul-de-sac.

Intelligence ,

selon le Petit Robert : 
1.    Faculté de connaître, de comprendre.
2.    L’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle.
3.    Aptitude a s’adapter a des situations nouvelles.
4.    Qualité de l’esprit qui s’adapte et comprend facilement.

Les différents dictionnaires que nous avons consultés donnent de l’intelligence des définitions tres proches. Pourtant les scientifiques avouent de façon claire leur ignorance du contenu exact de l’intelligence.
Nous devons au psychologue Alfred BINET la mesure du Quotient Intellectuel (QI) grâce a un test connu sous le nom de BINET-SIMON. Depuis sa création en 1905, ce test a été amélioré, d’autres ont vu le jour, cependant on ne sait toujours pas ce qu’il mesure : quelques habiletés intellectuelles, une certaine capacité d’apprendre, certes, mais il ne renseigne pas sur la motivation, la créativité, l’ouverture d’esprit, l’intuition. De plus, des études montrent des tares récurrentes chez les gros QI : en particulier une certaine rigidité et un cruel manque de créativité. Toutefois, tous ces tests concordent relativement bien avec le niveau scolaire ou universitaire meme si quelques exceptions sont troublantes. On reste toutefois dubitatif devant les erreurs grossieres que commettent parfois des gens dont le QI est largement au-dessus de la moyenne. On constate ainsi chez des énarques (anciens éleves de l’ENA) ou des X (anciens éleves de Polytechnique), pour ne citer que les écoles françaises les plus prestigieuses (ou on peut imaginer un QI moyen plutôt élevé), des pans entiers de la psyché ou la réflexion est absente, le comportement dogmatique, pas seulement dans le domaine religieux, royaume du dogme intangible, mais aussi en politique, économie, sciences, etc.
Nous avions postulé, il y a quelques années, une distinction entre facultés intellectuelles, approximativement mesurées par le

QI, et intelligence, capacité a gérer harmonieusement l’ensemble des facultés. Autrement dit, il aurait existé une super faculté intellectuelle directrice. Comment l’évaluer ?

Toutes les activités humaines librement choisies ont un but : vivre le mieux possible, le nec plus ultra étant de nager dans le bonheur. Ainsi, nous optons pour tel métier, ou tel emploi, plutôt que tel autre, car nous l’estimons plus conforme a nos perspectives d’avenir ; nous jetons notre dévolu sur une femme plutôt qu’une autre car nous croyons qu’elle est celle qui nous rendra le plus heureux ; nous choisissons, pour nos vacances, les lieux et les activités susceptibles de combler au mieux nos attentes. Dans tous les cas l’objectif est fondamentalement le meme malgré des vocables différents : s’éclater, s’épanouir, se sentir bien, réussir, etre heureux… Malheureusement, si le concept de bonheur est difficile a cerner, les moyens pour y parvenir semblent encore plus difficiles a mettre en ouvre. Ainsi voit-on régulierement des personnes aux facultés intellectuelles reconnues prendre des décisions contraires a leur épanouissement. N’est-on pas étonné lorsqu’un ami qui vient de divorcer reproduit a l’identique avec son nouveau conjoint les erreurs l’ayant conduit a la rupture ? Ou un cadre en lutte pour un pouvoir dans l’entreprise sacrifier sa vie familiale ? Ou quelqu’un s’endetter au-dela du raisonnable par désir de briller ? De plus, les gens heureux ne se recrutent pas uniquement chez les gros QI, loin de la, ce qui implique que les capacités intellectuelles mesurées par les tests sont insuffisantes pour expliquer l’intelligence, que ceux qui parviennent au bonheur disposent de quelque chose de plus. Est donc intelligent celui qui est heureux ; peu importe que l’on soit berger ou ingénieur, le QI n’a pas d’influence. L’intelligence est donc une qualité qui coiffe, dirige et harmonise toutes les capacités intellectuelles. Elle permet a l’individu de ne jamais entreprendre une action opposée a ses intérets profonds.
Hypothese cependant inexploitable car, d’une part, nul n’a jamais pu mettre en évidence cette structure de l’intelligence et, d’autre part, rares sont les personnes capables de juger du bonheur d’autrui hormis les sages dont la lucidité peut percer les façades les plus solides. En effet, paraître heureux, c’est montrer la pertinence des choix de vie que l’on a effectués, c’est, in fine, afficher des moyens intellectuels supérieurs. Donc toute personne qui se soucie de son image va tout mettre en ouvre pour prouver son bonheur. Avec d’autant plus d’acharnement qu’elle a quelque chose a camoufler. Le commun des mortels s’y laisse prendre qui amalgame bonheur, plaisir, confort, richesse, célébrité, etc.
Il nous faut donc reprendre le raisonnement en ses prémices. Revenons a nos énarques et nos X. Ce sont finalement des gens comme les autres mais avec un QI toujours dans la moyenne supérieure et une grande puissance de travail. Il est admis, aujourd’hui, que nous sommes tous conditionnés ; par la publicité et les différents médias, c’est un truisme, mais aussi par notre culture, nos origines, nos attaches politiques, notre famille, notre religion, nos loisirs, notre milieu professionnel, etc. Les conditionnements se traduisent par des comportements, des raisonnements et des actes stéréotypés, prévisibles ; les perceptions, sous influence, sont altérées et, en conséquence, les décisions trop souvent inappropriées.
Comment naissent donc ces conditionnements ? Une situation nous amene a réagir d’une certaine façon. Si nous réutilisons cette réponse a l’identique dans tous les cas semblables au motif que la premiere fois nous a donné satisfaction, nous ne serons plus tout a fait en phase avec la situation réelle car elle sera a coup sur légerement différente des occurrences antérieures ; la vie n’est pas un laboratoire. On peut donc se conditionner tout seul, par économie, en ne se donnant pas la peine d’examiner correctement chaque événement. Pire, le milieu dans lequel nous sommes immergés nous enseigne le « bon » comportement ou la « bonne » pensée face a une situation donnée. Ce conformisme plus ou moins imposé est rarement confronté a l’analyse critique : « On ne peut pas tout remettre en question ! » répliquait un ami, il y a quelques décennies, pour justifier ce comportement moutonnier. C’est ainsi que nous suivons presque aveuglément, et en dépit de nos dénégations, la publicité, la propagande, nos coutumes, nos habitudes ou nos gourous mais aussi, c’est encore plus grave car nous lui faisons une confiance absolue, l’enseignement que nous avons reçu, a l’école ou dans l’entreprise, nonobstant ses approximations, erreurs et autres pseudo-vérités. Nous avons tous vu, au cinéma, le gag de la B.A. répétée qui impose a un aveugle de traverser plusieurs fois la meme rue. Cette caricature n’est pas si éloignée de la réalité. L’aveuglement n’est pas le propre des aveugles.
Ces défauts de réflexion ou ces troubles perceptifs, habituels chez l’individu lambda, semblent incongrus chez un énarque ou un X ; on leur attribue une telle puissance intellectuelle qu’on est choqué de les voir subir les memes conditionnements que le commun des mortels. Notons que  conditionnement ,  a priori ,  idée préconçue  sont ici synonymes.

En fin de compte, le QI constitue une approche, certes tres approximative mais acceptable, pour jauger l’intelligence. Dans notre précédente théorie, une super capacité venaient s’y ajouter. Pour expliquer les aberrations comportementales de nos élites (car nous les avons citées en exemple, mais l’explication vaut pour tous), nous émettons l’idée que les conditionnements occultent une partie des facultés intellectuelles mesurées par les tests. En effet, comment pourrait-on prendre les bonnes décisions quand le prisme déformant des conditionnements perturbe nos perceptions, que nos facultés sont anesthésiées par des comportements rigides, doctrinaires. Celles-ci ne pourront s’exprimer pleinement qu’en éradiquant toute forme de conditionnement. Est donc tres intelligent celui qui dispose de larges capacités intellectuelles (gros QI) et n’est pas ou peu conditionné. Ainsi un THQI (tres haut QI), comme ils aiment a se nommer, fortement conditionné peut se comporter comme un niais. A l’inverse l’individu lambda libéré de ses conditionnements peut faire preuve d’une intelligence supérieure.

Notre expérience a largement confirmé la pertinence de cette théorie. La manifestation des conditionnements étant éminemment variable en fonction des circonstances, il est ainsi facile de comprendre pourquoi certains esprits supérieurs sont parfois la proie de comportements aberrants.

Les arts martiaux rendent-ils intelligent ?
Cette question en sous-tend deux autres :

D’abord, les arts martiaux développent-ils les facultés intellectuelles ?

Le QI n’est pas figé ; il augmente assez régulierement avec l’âge. Ce qui pose actuellement un probleme aux États-Unis car l’exécution d’un condamné a mort est impossible si son QI est inférieur a 70 (débile mental, on estime qu’il ne comprend pas ce qu’il fait ni ce qu’on lui fait). Or, certains condamnés au QI inférieur se retrouvent apres quelques années de prison avec un QI supérieur a 70. Doivent-ils alors subir l’injection létale ? Nous laisserons chacun en débattre en son fort intérieur.
Cette progression, variable d’un individu a l’autre, est liée a deux facteurs : la richesse des stimulations que procurent l’environnement et l’activité du sujet. La passivité équivaut a l’absence de toute stimulation ; elle ne peut conduire qu’a l’abrutissement. Cela est valable pour l’enfant qui construit son intelligence comme pour l’adulte qui la développe.

L’art martial recele une immense richesse conceptuelle dont on prendra conscience en s’entraînant régulierement. Cette richesse, caractéristique du véritable art martial, est afférente a la notion d’efficacité en toute circonstance car, outre la diversité des situations a explorer, cette finalité impose une grande rigueur dans la conception des techniques et des stratégies utilisées ; elle est évidemment liée a la dimension philosophique inhérente au budo. Si l’on doit opérer le meilleur choix en termes de stimulation de l’intelligence, l’art martial occupe donc une situation privilégiée. La plupart des autres activités, meme issues d’un art martial, offrent un potentiel moindre. Malheureusement, il arrive que des professeurs n’enseignent qu’une technique simplifiée, c’est souvent le cas dans les clubs ou la compétition est le seul objectif de l’entraînement, ou dénuée de tout lien philosophique. Mais, meme dans un vrai dojo doté d’un excellent sensei, il se trouve des pratiquants hermétiques, parfois a cause d’un QI trop faible, plus souvent en raison d’idées préconçues stérilisantes. Dans le cadre d’un apprentissage complexe, le pire est de croire que l’on sait.

Raisonner par analogie, élargir le champ de ses investigations, s’ouvrir aux idées novatrices sont des clés pour l’acquisition de vastes facultés intellectuelles. Accumuler des connaissances ne suffit pas ; il faut les relier aux acquis précédents, construire des réseaux, ne jamais laisser un savoir orphelin.
Pourquoi suis-je si lent quand je tente un ushiro mawashi geri ? Pourquoi le patineur accélere-t-il sa rotation quand il ramene les bras pres de son corps ? Tiens, il y a une relation ! Donc si je garde ma jambe pres de mon corps en tournant au lieu de l'écarter de l'axe de mon corps, je vais tourner plus vite ?
L’analogie est le début de l’élaboration d’un concept. Certes, dans l’exemple précédent, nous sommes encore loin d’une formulation mathématique, mais le principe est compris, sa réutilisation possible comme son approfondissement.
Pourquoi les kata finissent-ils souvent par un blocage ? Pourquoi ne met-on pas K.O. un adversaire qui vient de nous attaquer ? Parce qu’il n’attaque plus ! Il faut donc faire la différence entre défense et vengeance ! Les liens avec la législation (légitime défense) ou une réflexion philosophique (la vengeance est-elle légitime ?) sont en place.
La recherche des bunkai (applications des kata) est une réelle stimulation de l’ouverture d’esprit, de la créativité. La richesse de cet exercice est fabuleuse, a condition, bien sur, de ne pas s’enfermer dans la seule répétition d’un prétendu « bunkai officiel ».
Voila bien de quoi étoffer les facultés intellectuelles. On pourrait multiplier a l’infini les exemples tirés de la pratique de l’art martial. Nous sommes donc bien détenteurs d’un support capable de stimuler notre intelligence car le véritable art martial est parmi les activités les plus riches et ses implications sont presque infinies, mais seuls les actifs volontaires seront bénéficiaires.
 
Ensuite, les arts martiaux permettent-ils d’évacuer les conditionnements ?

En combat, quand on décide d’attaquer, c’est l’échec garanti. L’attaque doit etre spontanée, fruit d’un long entraînement, sans intervention de l’esprit (Cf. l’arc réflexe). Toute idée préconçue (Comme il est grand !… J’ai peur !… Je vais lui mettre un mawashi dans la tete !…) mobilise l’esprit qui n’est plus disponible pour l’observation. Or, sans observation, ou lorsque celle-ci est imparfaite, la prise de décision est forcément erronée. Les Japonais utilisent l’expression « mizu no kokoro » : « l’esprit est comme l’eau ». Une eau calme est comme un miroir ; agitée, l’image se trouble. Les pensées forment des vagues. il est donc essentiel de stopper le flux des pensées parasites. C’est le travail du mokuso (méditation au début et a la fin du cours) mais on comprend vite que cette vacuité de l’esprit est nécessaire en combat et qu’elle est fort utile dans de nombreux épisodes de la vie quotidienne. Lors d’un kumite, les meilleures techniques sont celles que l’on ne sent pas partir, preuve que notre esprit ne la préméditait pas ; ce sont les memes que l’adversaire ne voit pas venir.
Exit les conditionnements parasites. Ainsi l’art martial offre tous les ingrédients pour stimuler l’intelligence : développement des capacités mentales et physiques —car de multiples auteurs mentionnent une intelligence du corps— et éradication des conditionnements (cet objectif est fréquemment atteint en partie et de façon ponctuelle, mais, pour atteindre un but, l'essentiel est de se mettre en marche), le tout intégré dans une intense activité. A condition, bien sur, de manifester une indéfectible volonté d’y parvenir car, si l’on observe des métamorphoses spectaculaires en une dizaine d’années de pratique, certains cas démontrent que l’inscription dans un club est insuffisante pour garantir une progression sensible de l’intelligence. Soif inextinguible d’apprendre, remise en question permanente et efforts constants sont requis.